Eduardo Jorge Prats indique que la constitution et les droits fondamentaux doivent être interprétés et appliqués de manière à optimiser leur efficacité maximale en faveur du titulaire de ces droits. Ce concept se retrouve également dans la constitution dominicaine qui, à l’article 74, chiffre 4, stipule que les autorités publiques interprètent et appliquent les normes relatives aux droits fondamentaux et à leurs garanties dans le sens le plus favorable à leur titulaire et, en cas de conflit entre les droits fondamentaux, elles s’efforcent d’harmoniser les biens et les intérêts protégés par la constitution.

le principe de faveur est défini comme une locution juridique qui exprime le principe selon lequel, en cas de doute dans l’herméneutique d’une norme, l’interprète peut choisir l’interprétation la plus favorable (in dubio mitius). il trouve son origine dans le droit procédural pour résoudre les conflits découlant de la transition entre les législations pénales et les autres normes mises en œuvre. il s’agit avant tout d’un principe interprétatif appliqué initialement en droit pénal, mais il implique que tant le juge que l’interprète peuvent opter pour l’interprétation la plus favorable.¹

Cependant, le principe de faveur ne fonctionne pas seul, il ne peut être appliqué sans être mis en relation avec d’autres principes. en d’autres termes, son application doit être basée sur une analyse préalable d’autres principes.² à cet égard, prats explique comment ce principe se combine ou se met en relation avec d’autres. voyons cela :

a) le principe de proportionnalité
lors de l’application du principe de faveur, le juge doit principalement analyser la sanction imposée ou à imposer à la personne responsable de l’infraction. c’est-à-dire que si la norme postérieure contient une sanction moindre que la précédente, le juge doit appliquer la sanction prévue dans la norme postérieure.³

b) le principe d’égalité
favorabilité doit être appliqué à toutes les personnes condamnées, quelles que soient leurs conditions physiques, économiques ou sociales.⁴

c) le principe de non-rétroactivité
bien que le principe de faveur permette d’appliquer une loi postérieure à la place d’une loi antérieure, cela ne signifie pas qu’il viole le principe de non-rétroactivité. au contraire, la faveur devient une exception à ce principe, pour autant qu’elle profite au défendeur ou à la personne condamnée.

d) le principe pro homine
Ce principe est un critère herméneutique qui informe l’ensemble du droit des droits de l’homme, selon lequel la norme la plus large ou une interprétation extensive doit être adoptée lors de la reconnaissance des droits.

e) il est également lié au principe de concordance pratique, selon lequel, en cas de conflit entre des droits fondamentaux, les autorités publiques doivent chercher à harmoniser les biens et les intérêts protégés par la constitution.

f) un autre lien est établi avec le principe de protection supérieure, qui conduit à l’application préférentielle de la norme au sein du bloc constitutionnel qui offre une plus grande protection d’un droit fondamental donné.

bibliographie

  1. principio de favorabilidad – ausencia en el derecho civil colombiano. Disponible en Internet : repository.ucatolica.edu.co (consultado el 20-02-2021, 21:23).
  2. bravo, mónica. principio de favorabilidad. Disponible en Internet : derechoecuador.com (consultado el 20-02-2021, 21:23).